L'autonomie judiciaire autochtone est de plus en plus revendiquée dans le monde. Depuis que les droits à l'identité culturelle et ethnique ont été intégrés aux droits fondamentaux, de plus en plus de peuples autochtones ont réclamé la préservation de leurs cultures juridiques.
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Dans l'histoire, la revendication de tels droits a souvent pris la forme d'une résistance, d'une opposition aux puissances coloniales qui avaient un objectif de domination et qui tentaient par tous les moyens d'annihiler la capacité de ces peuples à se gouverner eux-mêmes, notamment en matière de justice. La persistance de la coutume constitue le meilleur obstacle à ces tentatives de sujétion. La pluralité de cultures pourrait de nos jours être revendiquée pour répondre à des objectifs différents. D'un point de vue politique, la voie de la négociation a souvent été privilégiée. C'est dans ce sens que la France a tenté de préserver la pluralité culturelle en particulier dans les outre-mer. Mais, comment comprendre les problèmes juridiques très présents dans ces espaces et la manière dont les juridictions peuvent les résoudre ? Face à la persistance de la coutume, mémoire vivante d'une partie importante de la population dans des territoires où le multiculturalisme est très présent, les constats sont très pessimistes : la justice est en crise ! Les questions partout les mêmes : quel profil doivent présenter les juges pour exercer correctement leur mission ? Quelles normes faut-il appliquer sans dénaturer les traditions ancestrales encore très présentes dans ces populations dont les savoirs autochtones ont traversé les âges ? Mais, de plus, les inquiétudes portent sur les mineurs, sur la jeunesse confrontée à la fois à la tradition et à la modernité. Que ce soit en Guyane, à Mayotte, à Wallis et Futuna, en Nouvelle-Calédonie et au-delà, l'histoire et l'actualité se rejoignent à la recherche d'une justice plus consensuelle et porteuse de réconciliation. (4e de couverture)